Ce mercredi matin, le ministre a reçu des acteurs français de l’Energie pour aborder les différentes mesures qui s’y rapportent dans le cadre des plans de relance français et européen.
Sont invités :
- André ANTOLINI, Président du Syndicat des Energies Renouvelables
- Olivier BARBAROUX, Directeur Général Véolia Energie/Dalkia et Directeur général Adjoint de Veolia Environnement
- Bruno BENSASSON, Directeur économie, prix et marchés à la direction de la Stratégie et du Développement Durable, GDF SUEZ
- Bernard BIGOT, Administrateur Général du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique)
- Patrick DECOSTRE, Directeur Général de Boralex
- Jean-Jacques GUILBAUD, Secrétaire Général du Groupe TOTAL
- Pascal HOUSSART, Président délégué Isotherma
- Jean HUBY, Directeur de la stratégie du groupe AREVA
- Pierre RELLET, Directeur des Energies Renouvelables de Veolia Environnement
Les défis français
La France dispose de réserves énergétiques très limitées. Dans ce contexte, la satisfaction de ses besoins énergétiques a toujours présenté un risque qu’il convenait de maîtriser. La politique énergétique engagée au lendemain du premier choc pétrolier, en 1973-1974, consistait, dès cette époque, à renforcer la sécurité d’approvisionnement à long terme de la France. Aujourd’hui, ses principaux axes concernent :
- la maîtrise de la demande d’énergie (via l’amélioration de l’efficacité énergétique notamment) ;
- la diversification et la sécurisation des sources d’énergie (R&D, développement des énergies renouvelables, du nucléaire);
- la construction d’un développement énergétique durable minimisant les émissions de CO2 (R&D en matière de qualité de carburant, de capture et de stockage du carbone);
- l’assurance de moyens de transport et de stockage adaptés aux besoins.
A l’échelle européenne, des engagements précis ont été pris (paquet dit « 3×20 ») en 2007:
- réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre ou 30 % en cas d’engagements d’autres pays industrialisés par rapport aux niveaux de 1990,
- baisse de 20 % de la consommation d’énergie par rapport aux projections pour l’année 2020,
- proportion de 20 % des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie
Leur mise en œuvre est précisément encadrée par le paquet « climat/énergie » approuvé par le Conseil européen des 11 et 12 décembre et par le Parlement le 17 décembre 2008.
Mesures du plan de relance relatives à l’énergie
Le plan de relance présenté le 4 décembre 2008 par le Président de la République prévoit plusieurs mesures relatives au secteur énergétique:
- 30M€ affectés au plan de performance énergétique des exploitations agricoles (installation d’équipements d’économie d’énergie, réalisation de diagnostics énergétiques notamment);
- effort exceptionnel de 200 M€ pour la rénovation des bâtiments de l’Etat dans le cadre de l’action Etat Exemplaire:- 50 M€ consacrés aux audits énergétiques du parc de bâtiments de l’Etat- 150 M€ consacrés à la rénovation thermique, l’amélioration de la qualité fonctionnelle et architecturale, l’accessibilité des bâtiments de l’Etat : ces travaux viseront à la réduction des consommations d’énergie de 40%, la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50%, la rationalisation des surfaces et la mise en conformité des bâtiments de l’Etat.
- effort exceptionnel d’investissements des entreprises gestionnaires de services publics :- EDF réalisera 2,5 Md€ d’investissements supplémentaires en 2009 par rapport à 2008. L’essentiel sera investi dans la production, dont plus d’un milliard d’euros sur le parc de production en France (entretien du parc existant et moyens de productions nouveaux), 300 M€ dans les énergies renouvelables et 300 M€ dans les DOM et en Corse. Le reste sera investi dans le réseau de transport et le réseau de distribution (600 M€ en tout), ou correspondra aux retombées pour l’industrie française des projets nucléaires à l’international.- GDF-Suez investira 200 M€ additionnels par rapport à 2008 dans ses activités de transport et de distribution de gaz en France.
Mesures au niveau européen
Par ailleurs, le plan européen pour la relance économique prévoit :
- une enveloppe supplémentaire de fonds communautaires de 3,5 Md€ sur la période 2009-2010 pour améliorer les interconnexions énergétiques ;
- des propositions visant à établir des partenariats entre le secteur public – grâce à des financements de la Communauté, de la BEI et des États membres – et le secteur privé pour encourager le développement de technologies propres en soutenant l’innovation (initiative européenne en faveur des voitures vertes bénéficiant d’un financement total d’au moins 5 Md€, initiative européenne en faveur de bâtiments économes en énergie représentant 1 Md€) ;
- la création d’un fonds 2020 pour l’énergie, le changement climatique et les infrastructures abondé par la BEI et diverses banques nationales de développement nationales ;
- l’augmentation de l’enveloppe de la BEI –jusqu’à 6Md€– consacrée au financement des investissements concernant le changement climatique, la sécurité énergétique et les infrastructures.